Prévention

La légionellose n'est pas une fatalité !
L'information et la prévention peuvent la faire reculer efficacement.

Notre sommaire pour une vigilance active...

 

La prévention domestique

Que peut-on faire chez soi pour éviter la légionellose ?

 

 

  1. Servez-vous de l'eau chaude régulièrement. Les points d'eau qui restent inutilisés longtemps, comme dans les résidences saisonnières, sont particulièrement sujets aux contaminations par la légionelle.
    Si tel est votre cas, la règle est de laisser couler l'eau pendant quelques minutes avant de l'utiliser, et ce en sortant de la pièce de préférence.
  2. Le milieu optimal de prolifération de la légionelle est une eau à 37°C. Réglez votre chauffe-eau à 60°C. A cette température, les légionelles sont tuées en 25 minutes environ dans les "bras morts" des canalisations.

    Attention ! Une eau à 60°C peut vous brûler la peau. Les robinets de type "mitigeur" permettent de limiter ce danger. Dans tous les cas, pensez toujours, et à apprenez à vos enfants à ouvrir le robinet d'eau froide avant celui d'eau chaude, et à fermer le robinet d'eau chaude avant celui d'eau froide.
  3. Détartrer et désinfecter (15 minutes dans de l'eau de javel diluée) tous les 6 mois les éléments de robinetterie : pommeaux de douche, brise-jets, joints et flexibles. Si ces mêmes éléments sont usés, n'hésitez pas à les remplacer (tous les 2 ans environ).
    Vidanger, nettoyer et désinfecter les réservoirs de stockage d'eau chaude au moins une fois par an (15 minutes dans de l'eau de javel diluée), surtout pour les résidences saisonnières.
    Petit conseil : pour votre résidence principale, choisissez une date marquante pour vous rappeler l'échéance annuelle (le jour du printemps, par exemple !).

    Avant de réutiliser l'eau, n'oubliez pas de rincer les éléments que vous avez traités !

  4. Les systèmes de climatisation doivent être entretenus par des professionnels, et la recherche des légionelles doit être faite chaque année.

 

La prévention dans les lieux publics


Crèches, écoles, hôpitaux, maisons de retraite, supermarchés, hôtels, bâtiments de bureaux... Nous fréquentons ces lieux régulièrement. Pourtant, il n'existe pas de règlementation concernant la prévention de la légionellose dans les lieux publics. Le contrôle et la désinfection des canalisations, systèmes de climatisation, fontaines, tours aéroréfrigérantes et autres équipements à risque n'est pas obligatoire. Il est seulement "recommandé", et malgré l'existence de textes officiels, cette prévention primaire est très insuffisamment appliquée. En effet, contrairement au problème de l'amiante par exemple, la légionellose est encore trop méconnue, et ne suscite donc pas de grande inquiétude dans l'opinion publique.

En attendant une législation exigeante, on pourrait envisager la création d'un "label de sécurité" à l'entrée des établissements soucieux de ce problème, et qui agissent dans le sens d'une prévention active.

Dans les hôpitaux et les autres établissements sanitaires, la prévention est particulièrement cruciale, car le public présent est souvent fragile (enfants, personnes âgées, malades). La légionellose fait partie des nombreux risques d'infections nosocomiales (c'est-à-dire des maladies contractées à l'hôpital), qui sont combattues par une observation rigoureuse de règles d'entretien et d'hygiène souvent simples. Cette prévention devrait être accrue.



Quelques conseils pour les établissements qui reçoivent du public :

  1. Dans les établissements importants, il faut rincer avec de l'eau à 70°C (à cette température, les légionelles sont détruites en 10 minutes environ), ou désinfecter les circuits d'eau chaude périodiquement.
  2. Il faut veiller à faire couler l'eau régulièrement dans les pièces qui ne sont pas occupées en permanence (chambres d'hôtel par exemple).
  3. Tenir à jour un cahier de maintenance, recensant toutes les opérations d'entretien et les travaux effectués.
  4. Les systèmes de climatisation doivent être entretenus par des professionnels, et la recherche des légionelles doit être faite chaque année.

 

La prévention en termes de santé publique

En France, la légionellose fait partie des maladies à déclaration obligatoire, en application de l'article L11 du Code de la santé Publique. Cela signifie que tout Docteur en médecine qui a constaté un cas de légionellose doit en régulariser la déclaration en apportant des preuves de ses dires. En cas de non-respect de cette obligation, le médecin est passible d'une amende (1 500 € environ) et d'une peine de prison (1 mois, doublé en cas de récidive).

Ce système a pour but de garantir une surveillance accrue et suivie des maladies comme (entre autres) le SIDA, la tuberculose, le botulisme, et, donc, la légionellose. L'Institut National de Veille Sanitaire (INVS) effectue un traitement statistique des données récoltées et met à jour chaque semaine un bulletin épidémiologique complet (nombre de cas, répartition géographique...). Cette surveillance est nécessaire mais pas suffisante.

La légionellose reste méconnue dans l'ensemble. Les symptômes proches de ceux de la grippe ont entraîné, et entraînent des erreurs de diagnostic dont les conséquences peuvent être très graves.
Seule une meilleure information des médecins et de chacun d'entre nous permettra une diminution des risques, ainsi qu'une prise en charge efficace et rapide des malades. On compte chaque année plus de 500 cas déclarés, dont environ 400 décès. Ce chiffre, déjà très important, est pourtant très certainement sous-estimé : il pourrait y avoir 5 000 cas en réalité.
les traitements et les mesures de prévention existent pourtant : ce nombre peut diminuer.